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Indemnités kilométriques ou frais réels : quelle stratégie fiscale pour votre véhicule pro ?

Voiture personnelle du dirigeant : indemnités kilométriques ou frais réels ?

Si vous utilisez votre véhicule personnel pour vos déplacements professionnels (clients, chantiers, rendez-vous banque, fournisseurs…), votre entreprise peut vous rembourser les frais. Mais les règles ne sont pas les mêmes selon votre régime d’imposition (IS ou IR) et selon votre activité (BIC/BNC).

🎯 Objectif : choisir la solution la plus avantageuse (fiscalement + socialement) entre indemnités kilométriques (IK) et frais réels, sans vous exposer à un redressement.

Ce guide, rédigé par nos experts-comptables en ligne chez SOCIC, vous aide à comparer les deux options selon votre régime fiscal (IS ou IR), votre kilométrage annuel et la nature de votre véhicule avec des exemples concrets et un tableau de synthèse mis à jour pour 2026.

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1) Société soumise à l’IS (SAS, SASU, SARL à l’IS, EURL à l’IS…)

Si votre société est à l’IS, vous avez généralement deux options pour un véhicule personnel utilisé pour le travail :

  • Remboursement en indemnités kilométriques (IK) : selon le barème kilométrique publié par l’administration (actualisé périodiquement).
  • Remboursement des frais réels : carburant, assurance, entretien, réparations… au prorata de l’usage pro (avec justificatifs). ⚠️

👉 En pratique, les IK sont souvent gagnantes car le barème est censé intégrer carburant + entretien + assurance + usure + dépréciation du véhicule.

💡 Point vigilance “taxe véhicule” : même si la voiture est personnelle, une taxe peut s’appliquer à l’entreprise si elle rembourse des frais kilométriques (voir section “taxes sur l’affectation des véhicules”). Il existe toutefois un coefficient de réduction selon le kilométrage remboursé (souvent 0% jusqu’à un certain seuil). ✅

Le barème kilométrique 2026 pour les voitures (rappel)

Le barème reste identique à 2025 (aucune revalorisation annoncée). Voici les taux pour une voiture particulière :

Puissance fiscaleJusqu'à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV0,502 €/km(d × 0,3) + 1 007 €0,35 €/km
4 CV0,575 €/km(d × 0,323) + 1 262 €0,387 €/km
5 CV0,636 €/km(d × 0,357) + 1 395 €0,427 €/km
6 CV0,665 €/km(d × 0,374) + 1 457 €0,447 €/km
7 CV et +0,697 €/km(d × 0,394) + 1 515 €0,470 €/km

💡 Véhicule électrique : majoration de +20 % sur le montant calculé (depuis 2021). Les frais de péage et de stationnement ne sont pas inclus dans le barème, ils peuvent être remboursés en plus sur justificatifs.

2) Entreprise soumise à l’IR (EI, EURL à l’IR…)

Si vous êtes à l’IR (BIC), la logique est différente : on ne parle pas “remboursement par la société” de la même façon, car l’entreprise et vous ne faites qu’un fiscalement (en EI notamment). Dans les faits, vous déduisez des charges :

  • soit via les frais réels (carburant, assurance, entretien…) au prorata pro,
  • soit, selon les cas, via des mécanismes assimilés aux frais de véhicule comptabilisés/déduits (avec justification).

🤯 Exception importante (BNC / professions libérales) : si vous relevez des BNC, vous pouvez en principe choisir entre barème kilométrique et frais réels (selon vos conditions d’exercice et vos options). ✅

📌 Conseil : si vous hésitez, faites une simulation sur 12 mois (km pro, coût du véhicule, carburant, entretien, assurance). Souvent, dès que le kilométrage grimpe, les IK redeviennent très compétitives.

Achat du véhicule par la société : ce qui change vraiment

Quand le véhicule est immatriculé au nom de l’entreprise (achat comptant, emprunt, LOA/LLD, crédit-bail), vous passez sur une logique “frais réels”. On distingue surtout véhicule de tourisme et utilitaire, car la fiscalité (TVA, plafonds, taxes) n’est pas la même.

1) Si c’est un véhicule de tourisme (VP)

TVA : en règle générale, la TVA sur le prix d’achat d’un véhicule de tourisme n’est pas récupérable. Même logique, dans la plupart des cas, pour la TVA sur de nombreuses dépenses liées au véhicule (avec des exceptions, notamment sur le carburant, voir plus bas).

Déduction du coût : le véhicule se déduit via :

  • amortissements (si achat),
  • loyers (si LLD/LOA/crédit-bail) — avec plafonds fiscaux,
  • et bien sûr toutes les charges d’utilisation (carburant, assurance, entretien…), avec la limite “usage privé” (voir encadré avantage en nature).

⚠️ Plafonds d’amortissement (montants actualisés) : la déduction fiscale des amortissements d’un VP est plafonnée selon ses émissions de CO₂ (règles en vigueur ces dernières années, à vérifier au cas par cas selon date d’immatriculation/NEDC-WLTP) :

  • 30 000 € : véhicules 0 g CO₂/km (électriques / hydrogène) ✅
  • 20 300 € : véhicules à faibles émissions (selon seuil CO₂) ✅
  • 18 300 € : plafond “standard” pour les autres véhicules ✅
  • 9 900 € : véhicules les plus émetteurs (selon seuil CO₂) ⚠️

Ces plafonds sont ceux applicables aux véhicules mis en circulation depuis 2022 (norme WLTP). Ils restent en vigueur pour les acquisitions réalisées en 2026. Votre expert-comptable en ligne SOCIC peut vérifier le plafond exact selon la date d'immatriculation et le taux CO₂ WLTP de votre véhicule.

👉 Concrètement, si la société achète une voiture à 40 000 € mais que le plafond applicable est 18 300 €, une partie de l’amortissement devient non déductible fiscalement (réintégration extra-comptable).

✅ Cas particulier souvent favorable : certains véhicules 100% électriques peuvent bénéficier d’un traitement plus avantageux (plafond plus élevé et règles spécifiques selon la structure du prix, batterie, etc.).

Taxes sur les véhicules affectés à l’activité : la “TVS” a été remplacée par un dispositif de taxes annuelles liées aux véhicules de tourisme utilisés/affectés par l’entreprise (notamment composantes liées au CO₂ et aux polluants). Le montant varie selon le véhicule (CO₂, énergie, année, etc.).

👉 Important (correction de votre article) : ce n’est pas “à partir de 15 000 km” que la TVS est due. La taxe dépend surtout du fait qu’un véhicule de tourisme est affecté/ utilisé par l’entreprise. En revanche, quand la voiture est personnelle et que l’entreprise rembourse des IK, il existe généralement un mécanisme de minoration lié au kilométrage remboursé (ce qui explique la confusion fréquente avec le seuil des 15 000 km). ✅

2) Si c’est un véhicule utilitaire (VU)

Pour un utilitaire, le cadre est en général beaucoup plus favorable :

  • TVA : souvent récupérable sur l’achat et sur l’entretien (selon conditions d’usage et facturation).
  • Déduction : pas de plafonds d’amortissement “VP” comme pour les véhicules de tourisme.
  • ✅ En principe, pas de taxe “type TVS” pour un utilitaire affecté à l’exploitation (à nuancer selon cas particuliers).

⚠️ Avantage en nature / usage privé : que ce soit un véhicule de tourisme ou un utilitaire, si vous l’utilisez aussi à titre personnel, il faut traiter l’usage privé.

Dirigeant assimilé salarié (SAS/SASU) : l’usage privé = avantage en nature soumis à cotisations + imposable.
Dirigeant TNS (gérant majoritaire de SARL…) : pas le même mécanisme, mais on doit éviter de faire porter à la société des charges “perso” : on passe souvent par une quote-part privée non déductible / retraitements.

TVA sur le carburant (règles à jour) : la récupération de TVA dépend du type de véhicule et du carburant. En pratique :

  • Véhicule de tourisme : TVA sur carburant souvent déductible partiellement (règle fréquemment appliquée : 80% sur essence/gazole, selon conditions).
  • Utilitaire : TVA sur carburant généralement déductible à 100% (si usage pro et factures au nom de l’entreprise).

👉 Comme les règles évoluent (et varient aussi selon carburants/énergie), le bon réflexe est de s’appuyer sur votre expert-comptable + de documenter précisément : factures, carte carburant, kilométrage, usage pro/perso.

En conclusion : quelle stratégie est la meilleure ?

Si vous utilisez un véhicule utilitaire, il est très souvent conseillé de le faire acheter/financer par la société (TVA + déduction plus favorable + logique opérationnelle).

Si vous êtes “gros rouleur” (beaucoup de km pros), le barème kilométrique (voiture perso + IK) est très souvent plus avantageux : déduction simple, pas de plafonds d’amortissement, et une gestion administrative plus légère.

Si votre voiture est ancienne / faible valeur, les IK sont fréquemment optimales (vous évitez de mettre un véhicule peu valorisé dans la société, tout en déduisant correctement vos trajets).

⚠️ L’achat par la société est surtout pertinent si :

  • vous faites peu de kilomètres (sinon les IK explosent souvent la comparaison),
  • le véhicule a une valeur significative,
  • et vous acceptez de gérer correctement l’avantage en nature (si usage privé).
Situation du dirigeant / entrepreneurIndemnités kilométriques Frais réels (véhicule société)
Voiture personnelle déjà payée✅ Excellent choix❌ rarement utile
Création d’entreprise / trésorerie limitée✅ idéal (pas d’investissement)❌ cash-flow plus tendu
Gros kilométrage (>20 000 km/an)✅ souvent très avantageux⚠️ dépend du véhicule + plafonds
Voiture ancienne faible coût✅ souvent optimal❌ peu d’intérêt
Voiture neuve chère (>40k€)✅ souvent meilleur (pas de plafond)⚠️ amortissement fiscal plafonné (ex : 9 900/18 300/20 300/30 000€)
Utilitaire professionnel❌ pas adapté✅ quasi toujours préférable
Véhicule financé par société (LOA/LLD)❌ impossible✅ logique
Faible kilométrage (<8 000 km/an)❌ remboursement faible✅ souvent mieux (si usage pro réel)
Société avec flotte commerciale❌ peu adapté✅ standard entreprise
Holding avec déplacements occasionnels✅ parfait❌ inutilement complexe

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Exemples concrets (pour vous situer rapidement)

Exemple 1 — Consultant en SASU avec voiture personnelle (IK optimales)

Julien, consultant indépendant en SASU, utilise sa voiture personnelle (5 CV) : 22 000 km/an de déplacements clients.

👉 Il opte pour les indemnités kilométriques (barème fiscal). Le barème inclut carburant, entretien, assurance, usure et dépréciation.

Résultat : déduction élevée + gestion simple (un relevé km + justificatifs de déplacements).


Exemple 2 — Dirigeante en SARL : voiture achetée par la société (frais réels)

Nathalie, gérante de SARL, achète un véhicule via la société : 32 000 €.

Elle déduit : amortissement (dans la limite des plafonds VP si véhicule de tourisme), carburant, entretien, assurance…

👉 Les frais réels deviennent logiques car la société paie tout, mais elle doit cadrer l’usage privé (avantage en nature / quote-part). ⚠️


Exemple 3 — Voiture haut de gamme (souvent mieux en perso + IK)

Marc, président de SAS, vise une voiture à 65 000 €.

Problème : l’amortissement fiscal est plafonné (par ex. 18 300 € ou 9 900 € selon émissions), donc une partie importante des charges devient non déductible.

👉 Après simulation : voiture en perso + IK = souvent fiscalement meilleur.


Exemple 4 — Commercial gros rouleur (IK très avantageuses)

Sophie parcourt 35 000 km/an avec une voiture personnelle déjà amortie “dans la vraie vie”.

👉 Les IK génèrent une déduction élevée, sans que ses frais réels explosent. Plus le kilométrage augmente, plus les IK deviennent intéressantes.


Exemple 5 — Artisan avec utilitaire (frais réels + TVA)

David, électricien, transporte du matériel. Il achète un utilitaire au nom de la société.

👉 Les frais réels permettent souvent : récupération de TVA, déduction intégrale des charges, amortissement sans plafond VP.


Exemple 6 — Freelance débutant (IK idéales)

Camille démarre : trésorerie serrée, voiture perso.

👉 Pas d’investissement, remboursement via IK, formalités simples : parfait en phase de lancement. ✅


Exemple 7 — Faible kilométrage (la société peut redevenir pertinente)

Paul roule 4 000 km/an seulement. Les IK remboursent peu.

👉 Si la société finance un véhicule (et que l’usage pro est réel), les frais réels peuvent être plus cohérents… à condition de traiter correctement l’usage privé. ⚠️

Checklist rapide avant de décider ✅

  • 📌 Combien de km pro/an (réalistes, justifiables) ?
  • 📌 Véhicule = tourisme ou utilitaire ?
  • 📌 Valeur du véhicule : risque de plafond d’amortissement (9 900 / 18 300 / 20 300 / 30 000 €) ?
  • 📌 Usage perso significatif ? → avantage en nature à anticiper.
  • 📌 TVA : enjeu important (surtout pour utilitaires).

Si vous voulez, je peux aussi vous proposer une version “encore plus SEO” avec : une FAQ (TVA, IK, avantages en nature, LOA/LLD), des ancres internes et un mini simulateur (tableau) à compléter. Indiquez-moi votre cible (SASU ? artisans ? libéraux BNC ?) et l’année fiscale visée pour vos exemples (2026 ou 2025).

Questions fréquentes sur les indemnités kilométriques et frais réels

Peut-on cumuler indemnités kilométriques et remboursement de péages ?

Oui. Les frais de péage et de stationnement ne sont pas inclus dans le barème kilométrique. Ils peuvent être remboursés séparément par la société, sur justificatifs.

Les indemnités kilométriques sont-elles soumises à cotisations sociales ?

Non, à condition de respecter le barème officiel publié par l'administration fiscale et de justifier la réalité des déplacements professionnels.

Un dirigeant de SASU peut-il se verser des indemnités kilométriques ?

Oui. Le président de SASU est assimilé salarié. La société peut lui rembourser ses déplacements professionnels via le barème kilométrique, exonérés de cotisations dans la limite du barème.

Faut-il un expert-comptable en ligne pour gérer les frais kilométriques ?

Ce n'est pas obligatoire, mais un expert-comptable en ligne permet de sécuriser le traitement fiscal (choix IK vs frais réels, gestion de l'avantage en nature, déclaration correcte), et d'optimiser votre déduction selon votre situation réelle.

Le barème kilométrique change-t-il en 2026 ?

Non, le barème kilométrique 2026 reste identique à celui de 2025. Aucune revalorisation n'a été publiée par l'administration fiscale à ce jour.

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Jean-Luc Javelaud

Jean-Luc Javelaud

Expert-comptable

Jean luc Javelaud Expert comptable, commissaire aux comptes DES fiscalité Aix en Provence et DES Gestion de patrimoine AUREP. Fondateur du cabinet SOCIC

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